Cayeux-sur-Mer, capitale du chou marin !

C'était une belle journée ensoleillée du mois d'août ... on a pensé chou, on ri (chou) et on a mangé chou ! Monsieur le maire a inauguré la toute première place des Choux-Marins de France et a été admis solennellement au sein de la Confrérie des choux marins de Cayeux-sur-Mer. Le récit de cette journée, tout en images et en ambiance est en ligne !

Nulle part ailleurs en Europe, on ne trouve autant de choux marins qu'à Cayeux-sur-Mer. Espèce protégée, elle oblige parfois la municipalité à revoir ses projets pour laisser la place aux choux. Pour revendiquer avec fierté et humour, son statut de capitale du chou marin, la commune a choisi de fêter le chou. C'était le 8 août 2026. Une journée, festive, gourmande et pleine de surprises...

Et en bonus, l'intégralité du discours de Jean-Paul Lecomte :

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

         

Je tiens à vous remercier d'avoir répondu (nombreux) à cette invitation.

J’oserai dire … vous êtes trop choux d’être tous là avec nous.

Célébrer le chou… l’idée peut paraitre saugrenue tant il est commun… 

Mais celui qui nous réunit maintenant est au contraire tout à fait exceptionnel ! 

Il nous rassemble aujourd’hui et peut-être même qu’il nous ressemble un peu ! Je m’explique. 

D’abord il est marin. C’est son nom. Le chou marin. Et nous aussi, à Cayeux, la mer, on l’a dans la peau

Ce chou-là est aussi très nature, sauvage et libre comme l’air. Il se reproduit par les racines, par la pollinisation et aussi grâce au grand air et au vent qui dissémine ses graines

Et quand on aime Cayeux, vous ne me direz pas le contraire, on aime la liberté, les grands espaces, le grand air et aussi le vent. Si on ne l’aimait pas, on irait habiter ailleurs … n’est-ce pas ? 

Le chou marin aime les galets. Comme nous tous, sinon, avouons-le, on irait se baigner à Quend ou à Fort-Mahon… (mais ne me faites pas dire du mal de nos communes voisines, on a juste la chance d’avoir une richesse qu’elles n’ont pas …)

Revenons au chou .. peu d’espèces parviennent aussi bien que lui à pousser dans la rigueur des galets. A ce propos, savez-vous que ses racines peuvent descendre au-delà de 3 mètres de profondeur ? Un bon ancrage qui lui permet de résister aux tempêtes d’hiver. Ses racines permettraient même de stabiliser le cordon de galet et de diminuer les risques de rupture de la digue en cas de tempête. 

Et ça on ne va pas s’en plaindre…

On qualifie même le chou marin d’espèce « ingénieur » pour toutes ses capacités hors normes. 

Le chou marin, c’est un rude gaillard. Capable de résister au vent et à la rigueur des éléments. Comme tous les Cayolais, depuis toujours. Parce qu’autrefois, pour choisir de vivre sur un tas de cailloux battu par les vents et les vagues, il en fallait du courage !!! 

Un champion de la résistance tellement efficace qu’il en arrive même parfois à nous donner le sentiment qu’il est ici chez lui et qu’il nous faut lui laisser la place... remballer cabines et chemin de planches pour lui permettre de développer tout à son aise ses « petites » racines de 3 mètres de profondeur… 

Parce qu’il n’a échappé à personne ici, que le chou marin est une espèce protégée et ceci depuis plus de quarante ans, depuis le 20 janvier 1982

Protégé mais il ne nous protège pas des casse-têtes administratifs ! Loin de là ! 

Et ça, croyez-moi, gérer la présence du chou au quotidien ce n’est pas une mince affaire. Surtout pour notre porte-monnaie quand il faut prévoir des nurseries de choux pour qu’on nous accorde le droit de donner un petit coup de neuf à notre boulevard...

Mais on lui pardonne au chou marin, parce qu’on l’aime bien finalement, il fait partie de la famille… et il était même sans doute là avant nous… !

Bon ... le point sur lequel on peut dire qu’il ne nous ressemble pas vraiment, c’est pour la démographie … quand on peine à rassembler 2 500 habitants à l’année et qu’on compte les naissances de bébés cayolais sur les doigts de deux mains seulement, on a dénombré en 2025 : 53 922 pieds de choux marins à Cayeux ! 

Une quantité inégalée en France. Alors c’est sûr, on peut fièrement revendiquer le titre de capitale du chou marin et je vous promets que vous n’avez pas fini de me l’entendre dire !

D’autant plus que si les choux sont aussi nombreux aujourd’hui ici, c’est bien parce que nos anciens ont su les protéger naturellement, dans un respect bien enraciné de la nature et de notre environnement et ça personne ne nous l’enlèvera, c’est notre nature et notre culture !

J’entends vos estomacs gargouiller, vous vous pourléchez peut-être déjà les babines à l’idée de déguster le menu qu’on vous a concocté. A Cayeux, on sait mettre les petits plats dans les grands : ce sera du chou en entrée, du chou en plat de résistance et des choux en dessert. 

Et on va se régaler, parce que Benoit du Neptune, est un champion lui aussi, pour ça, je lui fais confiance. 

Mais, pas de faux espoir, ou pas de crainte, on ne mangera pas de chou marin aujourd’hui. Plante protégée, c’est strictement interdit ! Pourtant, les anciens nous l’ont raconté, on le cuisinait autrefois à Cayeux. On en faisait pousser des pieds au jardin, ses pétioles blanchis pouvaient être dégustés cuits, comme des asperges ou des côtes de cardon. Cueillis jeunes, ils pouvaient exprimer une délicate saveur noisette. J’avoue, je peux vous le raconter parce que je l’ai lu ou entendu, mais je n’ai jamais gouté, promis juré !

        La fête des choux c’est donc l’occasion de célébrer à la fois notre patrimoine naturel, notre histoire, notre attachement à notre territoire. C’est aussi l’occasion de rappeler que l’on peut aimer profondément une plante... tout en reconnaissant qu’elle nous donne parfois du fil à retordre. Mais quand on aime, on ne compte pas … comme avec les enfants, on lève les yeux au ciel, on râle, ils nous poussent dans nos retranchements mais on les adore…

C’est pour toutes ces raisons que nous avons décidé, avec l’ensemble du conseil municipal d’inaugurer aujourd’hui la seule et unique Place des Choux-Marins de France.

Et comme le chou, la pancarte que je vais dévoiler dans quelques instants reviendra chaque printemps avec le retour de la belle saison pour disparaitre à l’automne, comme les cabines, parce que rappelons-le, nous sommes ici sur le Domaine public maritime que l’État nous accorde le droit d’occuper par concession chaque année pendant 8 mois. 

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente Fête des Choux, riche en découvertes, en convivialité et en partage, un très bon appétit à toutes celles et tous ceux qui vont partager le repas et j’invite tous ceux qui le souhaitent à partager le verre de l’amitié,

         Vive le chou marin, notre trésor local, notre fierté et sans doute le seul habitant de Cayeux capable de faire modifier les projets les plus importants sans jamais assister à une réunion et sans jamais venir se plaindre dans le bureau de Monsieur le Maire !

         Vive Cayeux-sur-Mer, vive le Bien Vivre au Pays et vive notre magnifique littoral !